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Park4Night a 15 ans : nous parlons de l’appli collaborative avec son fondateur, Bertrand Fichter

  • bdepierre
  • il y a 19 heures
  • 4 min de lecture

Source : Article d'Antoine CHAPENOIRE publié le 28 juin 2026 dans le magazine Le Monde Du Camping-Car


Bertrand Fichter a fondé Park4Night il y a 15 ans (avec son camarade Frédéric Delamare). Il nous raconte l’histoire de l’appli et fait le point sur les enjeux d’aujourd’hui. Entre les interdictions de stationner et l’augmentation du nombre de camping-caristes, une plateforme collaborative qui référence les spots d’étape a bien des choses à dire sur le sujet…
Bertrand Fichter a fondé Park4Night il y a 15 ans (avec son camarade Frédéric Delamare). Il nous raconte l’histoire de l’appli et fait le point sur les enjeux d’aujourd’hui. Entre les interdictions de stationner et l’augmentation du nombre de camping-caristes, une plateforme collaborative qui référence les spots d’étape a bien des choses à dire sur le sujet…

Park4Night. Une application bien pratique, dont vous peinez peut-être à prononcer le nom (comme beaucoup de camping-caristes avec qui nous en avons parlé), mais dont vous retrouvez facilement l’icone sur votre smartphone. Et pour cause : cette plateforme vous permet de trouver une étape pour passer la nuit en camping-car. Des parkings, des spots en pleine nature, des aires de stationnement ou de services, des campings… Sur chaque fiche, vous consultez les avis des utilisateurs, les photos déposées par d’autres camping-caristes et toutes les infos pratiques. En fait, cette appli pourrait être américaine ou coréenne, vous ne feriez pas la différence. Mais non, elle est française, et son histoire est humaine, comme celle de toute entreprise.


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Au début : Bertrand, vanlifeur, cherchait des spots d’étape…

C’est une idée que j’ai eue avec ma femme. A l’époque on avait un petit van et je travaillais à Lyon, en tant que développeur dans un start-up. J’ai commencé à développer l’appli tout seul en décembre 2010. J’ai finalement lancé une première version, uniquement sur iOS [sur iPhone, NLDR] et à la fin de l’été, il y avait déjà plus de 500 lieux créés par des utilisateurs. J’ai créé la version Android dans la foulée. Ensuite j’ai été contacté par un camping-cariste qui avait utilisé l’appli dès ses débuts, et qui avait des suggestions et des remarques. Il m’a dit que son fils avait des compétences pour y travailler avec moi. Le fils, c’était Frédéric.


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Les fondateurs utilisent l’appli comme tout le monde

Bertrand, de son côté, est arrivé au camping-car par la vanlife. “Je ne pratiquais pas le camping-car quand j’étais petit, mais à 16 ans, je rêvais d’avoir un bus aménagé. Finalement j’ai commencé avec une Caravelle dans laquelle on avait créé un petit aménagement. Maintenant j’ai trois enfants et nous voyageons tous les 5 dans le camping-car. J’ai choisi un petit intégral familial, et j’en suis très content.” Et il continue bien sûr d’utiliser Park4Night. “Pour trouver des lieux 24 h ou 48 h à l’avance, rarement plus. On cherche les petits campings simples, les aires de pique-nique, les lieux en pleine nature.


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Park4Night : 22 collaborateurs



Après les premières années en amateur, Park4Night a dû évoluer. “En 2014 on a pris conscience que l’appli commençait à  nous coûter beaucoup d’argent, il fallait payer un serveur et y passer beaucoup de temps. Soit on arrêtait, soit on développait un modèle économique.” Park4Night est alors devenue une entreprise, dont les revenus proviennent essentiellement des abonnements payants des utilisateurs et qui emploie un vingtaine de personnes réparties en Europe. Une partie à Varsovie où vit Frédéric, une équipe à Valence (en France) et d’autres ailleurs en Europe, de la Bretagne à la Roumanie.


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9 millions d’utilisateurs

Park4Night est une appli collaborative. Ce sont les utilisateurs qui créent les points d’étape. D’après Bertrand, l’écrasante majorité se contente de consulter l’appli et de déposer des commentaires, sans créer de nouveaux spots. Inévitablement, la dimension collaborative de la plateforme exige un travail de modération très conséquent. “On essaie de faire au mieux. Nous ne sommes pas là pour juger de la qualité des étapes. Que certaines étapes plaisent aux uns et pas aux autres, c’est normal. Mais nous devons vérifier l’existence des lieux et la possibilité d’y stationner. Quand c’est un terrain privé, nous contactons le propriétaire. Et si une mairie nous demande d’enlever un parking, on le fait.” 

“Il y a eu 50.000 lieux créés à l’été 2025. On en a supprimé 40% Mais quand on supprime un parking, il est recréé trois mois plus tard.”

Parfois la modération entraîne certaines subtilités… “Il y a énormément d’endroits où tu peux dormir une nuit sans gêner personne, mais qui n’ont pas leur place dans une appli, par exemple si c’est une zone de retournement. En publiant un lieu, on prend la responsabilité de le recommander.


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Les photos : un atout et une responsabilité

L’application encourage les utilisateurs à déposer des photos illustrant les différents spots d’étape. Ces images ont bien sûr un rôle d’information pour les camping-caristes, et elles font aussi l’objet d’un contrôle. “On modère toutes les photos pour qu’il n’y ait pas d’images de déballage ou de feu. Il y a des endroits où j’arrive avec mon van, je pose ma table pour pique-niquer. Je peux le faire, comme j’aurais pu le faire si j’étais arrivé avec ma voiture, parce que je ne dérange personne et que je reste une heure. Mais la photo, elle va rester 40 ans !”

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Quel avenir pour la liberté ?

Park4Night reste un symbole du bivouac en liberté, dans une Europe où les camping-caristes sont de plus en plus nombreux, et où les interdictions pullulent (du Portugal à la Grèce, sans oublier la France…). Nous demandons à Bertrand Fichter si dans ces conditions, il croit à l’avenir du stationnement libre… “On se fait des nœuds au cerveau. Quand j’ai commencé en 2006, il y avait déjà des portiques et des conversations alarmistes sur les forums. Mais il reste des millions de spots qui ne sont pas référencés sur l’appli. C’est juste qu’on est plus nombreux et que les problèmes sont plus visibles.

A 9 millions on ne peut pas faire la même chose qu’à 500. Nous devons choisir les lieux d’étape, mais ça ne nous empêche pas de rester cohérents, parce que Park4Night n’a pas pour ambition de référencer tous les parkings. En revanche, il faut qu’on soit exhaustifs sur tous les lieux de replis : campings, aires de camping-car, petits parkings autorisés.”


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